-Le Mariage-

Cie Demain il Fera Jour

Création 2017

Texte et mise en scène : Vincent Clergironnet

"Le mariage est la porte par laquelle la société entre dans l'intime.

Ce qui nous intéresse ici, n’est pas le récit d’un énième mariage, mais l’aspect « sous terrain » d’un mariage qui a lieu « ailleurs » et dont les enjeux nous offrent la possibilité de faire, en creux, un portrait de notre temps."

La création des costumes du Mariage s’est élaborée en complicité avec les comédiens.

Nous avons constitué une costumerie, aidés par l'association

Au fil des chemins, mise à disposition pendant les répétitions, où ils pouvaient piocher des pièces de costumes qui leur servaient à dessiner leurs personnages.

Je les accompagnais dans leurs sensitivités, en affirmant les silhouettes de chaque personnages au fur et à mesure du travail de répétitions.

Nous souhaitions développer des équivoques, par un univers esthétique, qui appelle à la confusion des codes communs, en gardant des coupes de vêtements du quotidien, mais proposés dans une unité de couleurs inhabituelles.

Sortie de résidence avril 2016

Ma note d'intention pour les costumes

"En réalité, ce mariage s’écroule. Et personne n’y peut rien. Tout s’affale irrémédiablement.

Une force traverse ce mariage et c’est irrésistible : tout crève. Tout ce qui est ancien crève ou nous fait crever.

Tout ce que nous étions habitués à avaler nous fait désormais crever.

L’on voit, percés à jour, l’origine des anciennes blessures, celles de l’exil, l’humiliation des faibles, la roublardise du pouvoir, la bêtise des masses, leur empoisonnement... La lumière traverse tout et l’on croit reconnaître des choses comme la genèse des fautes passées et des injustices commises. Même les intentions les plus nobles révèlent leur part obscure.

Au milieu de cet affalement généralisé, la vie déboule avec quelque chose de sauvage et d’instable qui échappe définitivement.

On aurait tort cependant de penser que c’est la fin du monde, c’est juste la fin d’un monde. Et quelque chose se prépare.

C’est le temps des femmes comme le dira Tania, un temps d’indépendance farouche, un temps où l’on cesse de s’appuyer sur des raisons pour vivre, un temps de tressaillement. Un état de réception du réel qui s’effectue en dehors des repères du passé et des projections dans l’avenir, une ouverture de l’être au temps présent, qui laisse la place à la possibilité d’exercer notre pouvoir d’humain qui est, avant tout, un pouvoir de création.

Prêts à relever le défi de l’époque qui à notre sens, demande à chacun de reprendre le pouvoir sur sa vie. Un pouvoir de création qui doit tenir compte du fragile sans l'écraser, de la part mystérieuse comme d’une part qui échappe et que l’on doit respecter et protéger.

Le pouvoir que nous avons sur nos vies ouvre à la possible reconnaissance de la particularité de chaque être, de la diversité des individus, de la vastitude de l’humanité, de l’incroyable richesse du monde... Il ne juge pas, mais accompagne et laisse être, en reconnaissant à la vie, le droit d’exister sous toutes ses formes, mêmes les plus inattendues, mêmes les moins orthodoxes."

© Philippe Jacquemin et Paul Willis

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